lundi, 03 octobre 2011

Venin insolite

Il ouvrit les yeux, ne pouvant plus retenir ses larmes de flammes qui commençaient à lui bruler les yeux. Il préfera affronter la vision d'horreur qui se déroulait sous son regard desespéré...

Il ne pouvait plus fuir. Sa main se mit inexplicablement à saigner. Il regarda ce liquide rouge couler le long de ses doigts, puis s'abattre au sol dans un puissant claquement. Chaque goutte supplémentaire qui tombait semblait amplifier ce son.

Plus le sang coulait, et plus celui-ci semblait venir de ses bras, puis de ses épaules. Finalement, sa vision se brouilla sous le sang qui lui remplissait les yeux. Il se mit à hurler et s'effondra à genoux.

Ses larmes se mélangèrent alors au sang. Il frappa du poing ce sol ensanglanté. Il hurlait à plein poumon, il ne pouvait plus faire que ça : pleurer, hurler, et frapper le monde qui l'entourait.

Un bruit de chaines se fit soudain entendre. Ses bras s'écartèrent violemment. Il se retrouva instantanément enchainé au mur, maintenu par des chaines de fer semblant voleter dans l'air.

Et alors, ces chaines commencèrent a onduler autour de son corps. De plus en plus vite, celles-ci le serraient de plus en plus fort. Alors qu'il pensait que sa douleur avait atteint le paroxysme, les chaines commencèrent à s'infiltrer sous sa peau. De plus en plus fort, de plus en plus vite, il vit son corps exploser sous le coups des chaines. 

La dernière chose qu'il ressentit, fut la chaine qui lui transperça le ventre par le dos.

Alors il put enfin fermer les yeux, et s'endormir dans un long... très long sommeil...

vendredi, 30 septembre 2011

Ce qui ne doit pas être vu

Il s'appelait Fynn. Il courait dans la forêt, sur un chemin dangereux. Il courait sans but, droit devant lui. Il courait pour échapper à la Bête. Il n'esperait plus qu'une chose : retrouver la lumière du soleil. Il lui semblait que cette nuit était la plus longue de sa courte existence. Il n'avait que 23 ans, il en était à l'aube de sa vie, mais cette Bête lui avait montré bien plus que ce qu'un homme pouvait supporter. Ces images lui revenaient sans cesse en tête pendant sa course effrénée. Et ce fut surement la plus grande arme de la Bête. Car ces pensées le destabilisèrent soudain. Il trébucha, ce qui le ralentit de quelques secondes... C'était les quelques secondes nécessaires à la Bête pour le rattraper et lui sauter à la gorge...

Tout a commencé quelques années plus tôt. Durant l'adolescence, Fynn regardait déjà le monde avec un oeil différent des autres villageois. Il vivait dans un petit village éloigné dans la forêt. Les voyageurs et les étrangers étaient rares, mais leur arrivée entrainait toujours de grandes festivités, que Fynn détestait par dessus tout. Partout où ses yeux se dirigeaient, il lui semblait percevoir d'étranges mouvements, comme si l'air lui même était vivant et voulait lui faire signe. Il sentait couler en lui quelque chose d'inhumain, quelque chose de spécial. Il se sentait différent...

Les villageois se moquaient souvent de Fynn, car il était toujours seul. Malgré les filles qui s'intéressaient à lui, il ignorait totalement leur compagnie. Plus le temps passait, et plus ce dernier passait ses journées dans la forêt. Les autres habitants le prenaient pour un fou, mais Fynn passait ses journées à écouter le vent, à étudier la nature, les plantes qui l'entouraient, leur souffle de vie qu'il sentait sur son corps. Il pouvait entendre ce qu'il appelait leur "battement de coeur". Les années passèrent ainsi jusqu'à ses 23 ans... Pendant ces années, la nature avait doucement mis en place son plan... L'élu était enfin apparu, et sa vie lui appartenait dorénavant... Sa solitude faisait leur force. Et c'est alors qu'un jour, il entendit un son qu'il n'avait jamais entendu. Intrigué, il se dirigea vers une grotte d'où semblait provenir le mystérieux son. Et c'est dans cette grotte qu'il découvrit la Bête.

La Bête s'appelait Anva. Elle avait l'apparence d'une belle jeune fille de 24 ans. Brune, les cheveux long qui ondulaient le long de son dos. Elle avait des yeux d'un bleu intense. Fynn fut subjugué par sa beauté. Sans qu'il ne s'en rende compte, son esprit était absorbé par celui de la Bête. La grotte s'assombrit, et disparut dans les Ténèbres.

On notera au village la disparition de Fynn le lendemain, les recherches ne furent jamais vraiment soutenues, et s'arrêterent au bout de 3 jours. Les villageois semblaient avoir déjà oublié celui qui n'avait jamais été apprécié.

Dans le monde de la Bête, Fynn vivait une véritable histoire d'amour. Tout son être lui était entièrement dévoué. Son sang ne coulait que pour elle. Il ne voyait pas la vérité, celle qui l'entourait : son corps était devenu un receptacle pour les monstres de la forêt qui préparaient leur revanche. Ces créatures des ténèbres étaient toutes nées des sentiments noirs portés par les humains. Et maintenant, ils réclamaient vengeance pour leur venue au monde. Cet être nommé Fynn était devenu leur oracle de la victoire. Mais pour lui, il partageait la plus belle histoire d'amour avec la femme prénommée Anva.

Pourtant, un jour, les signaux du vent parvinrent à briser les défenses de la bête. Ce faible signal qui atteint Fynn lui permit d'ouvrir les yeux et de découvrir l'horreur de la vérité. Sans réfléchir à la situation, il se mit à courir éperdument droit devant lui...

Et maintenant, alors que la Bête le dévorait entièrement et reprenait toute sa puissance. Il s'aperçut que jamais il ne connaitrait le véritable amour. C'était une notion qu'il avait longtemps rejeté, jusqu'à découvrir ce que signifiait réellement le mot "aimer". Maintenant il était ivre d'amour pour Anva, mais celle-ci ne s'abreuvait que de son corps. La seule personne qu'il ait pu aimer dans sa courte vie, il se dit à jamais qu'il continuera de l'aimer par delà la mort... Tout en sachant que jamais personne n'aura éprouvé ce profond sentiment pour lui...

Son existence se termina à ses 23 ans, au beau milieu de la forêt... Seul...

mercredi, 28 septembre 2011

Je ne peux qu'attendre

Au rythme de cette mélodie, mes sentiments pour toi se dévoilent peu à peu...

J'ai énormément de remords, mais tu m'as sauvé. Je n'ai pensé qu'à moi lorsque je me suis enfuis pour te retrouver. Mais il fallait absolument que je fuis cet univers dans lequel je m'étais enfermé... J'aimerais tellement m'excuser pour tout ce que j'ai détruis en faisant cela. Je ne peux m'empêcher de me dire que j'ai brisé l'univers d'autres personnes, pour mon seul profit, pour mon seul plaisir personnel... Suis-je vraiment digne du trésor que j'ai obtenu en échange ? Et si je ne le méritais pas... Je sais bien que je ne peux pas me permettre d'exiger cela, mais TE perdre serait trop cruel... Aussi cruel que ce que j'ai pu faire par le passé...

J'aimerais tellement être totalement heureux... Mais cette culpabilité me ronge... Est-ce vraiment le prix à payer pour n'avoir pensé qu'à moi ? Je ne peux plus rien exiger de ce monde après ce que j'ai fais. Je ne demande qu'à garder pour moi seul ce somptueux trésor que j'ai obtenu en réduisant à néant leurs univers...

Ce trésor étincelant... Si merveilleux... J'avais si peur de son éclat : comment suis-je censé conserver pour moi seul ce magnifique trésor ? Mais j'ai découvert la partie sombre de son âme... Et maintenant, je ne sais plus comment réagir...

Si je pouvais tout changer, si je pouvais le sauver... Si je pouvais lui montrer la puissance de mon amour... Si mon âme pouvait tout lui faire oublier... Si mon coeur pouvait panser toutes ses blessures... J'aimerais lui parler de sa sombre histoire mais j'ai trop peur de faire ressortir les ténèbres de son coeur...

L'anéantissement de l'univers... Les ténèbres d'un coeur humain...

Et au milieu de tout ça, je ne peux qu'attendre...

Lame d'éther I

C'est un conte qui raconte une histoire, l'histoire de différents personnages dont le destin sera lié à tout jamais...

C'est un conte qui raconte l'histoire de la terre, des éléments qui habitent notre planète et l'univers...

C'est l'histoire de deux univers dont tout semble les séparer mais qui pourtant possèdent un élément en commun... C'est l'histoire de l'opposition entre la vie et la mort, entre l'espoir et l'abandon...

C'est l'histoire d'une petite fille qui possédait tout et qui a tout perdu...

C'est l'histoire d'un jeune homme qui se croyait seul et abandonné, dont la destinée sera d'affronter les ombres de son âme...

Deux êtres qui vivent dans la solitude, deux êtres dont la vie est proche du desespoir... Deux êtres que plus rien n'accroche à la vie...

C'est un conte... Mais c'est aussi et surtout mon histoire, l'histoire de ma vie, l'histoire de mon être, de mes sentiments...

Et cette histoire, je TE la dédie...Car TU es maintenant la moitié de mon être, et c'est grâce à toi que cette histoire a pu être finalisée...

Car quand le rêve sera terminé, alors mon sourire sera éternel...

jeudi, 16 juin 2011

Dédale

Elle se réveilla en sursaut. Instinctivement, elle se leva et regarda autour d'elle : visiblement, elle n'était pas dans sa chambre. Et voulut appeler sa mère, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Elle se souvenait pourtant qu'elle avait perdu l'usage de la parole depuis peu.

Le sol était froid, mais sec. Elle était pieds nus, mais elle ne risquait alors pas de tomber en courant. Elle se mit donc à foncer dans le long couloir qui s'étendait face à elle...

Elle se heurta rapidement à différents embranchements. Sans prendre la peine de réfléchir, elle s'engageait dans l'un ou l'autre des chemins qui se présentait à elle. Mais elle parvint rapidement à bout de souffle. Lorsqu'elle s'arrêta enfin pour reprendre ses esprits, elle se rendit compte de l'endroit où elle se trouvait : un immense labyrinthe formé dans la roche. Un plafond bas et sombre. Et soudain l'atmosphère sembla devenir plus pesante.

Et si elle ne trouvait jamais la sortie, se mit-elle à penser. Et si je ne sortais jamais d'ici ? Et elle se souvint du monde réel. Celui qu'elle avait cherché à fuir. Celui qu'elle avait inlassablement méprisé et rejeté. Elle avait toujours cherché à mettre à bout ses parents, jusqu'au jour où elle perdit la voix. Elle ne cessait d'ignorer les conseils de sa mère, jusqu'au jour où elle perdit l'ouïe... Elle rejetait systématiquement tous les plats que lui préparait sa mère, c'est lorsqu'elle perdit le sens du goût qu'elle se mit à regretter... L'odorat lui avait disparu sans crier gare. Elle ne s'en était même pas rendu compte tout de suite. Alors elle se mit à frapper sur les murs et à ouvrir la bouche, comme si malgré le silence, les murs pouvaient percevoir les ondes de ses hurlements intérieurs. Elle frappait les murs de toutes ses forces, pas pour les briser évidemment, pour dégager sa rage envers ce monde si injuste, pour montrer que malgré tout il lui restait son corps, que malgré tout elle vivrait contre cet univers qui avait décidé de la rejeter !

Soudain elle s'arrêta... Et si mon corps disparaissait...?

Et dans un dernier effort, elle donna un ultime coup de poing dans le mur de roche. Et celui-ci éclata ! Elle s'écroula sous le choc, lorsqu'elle releva la tête, elle aperçut une sortie au loin, et la lumière qui brillait. Elle avait gagné ! Elle se releva, elle sentait encore son corps, elle avait donc droit de continuer cette vie ! Elle se mit à courir vers la sortie...

Soudain, les ténèbres l'entourèrent... Elle se retourna dans tous les sens, chercha du regard le moindre reflet de lumière... C'était inutile...

Elle avait perdu la vue...

Terrorisé

Lentement, il frôla ce métal froid et dur. Le regard perdu dans l'horizon, ses doigts ne cessaient de caresser les fissures qui ornent la crosse de son pistolet. Il se décida enfin à l'attraper.

Assis sur sa chaise, face à sa fenêtre, il tournait le dos à son ami, en larmes sur le sol. Mais il n'avait pas honte de réagir sur puerilement, après ce qu'ils venaient d'affronter... Son coeur s'emballait à chaque craquement de bois. A chaque écho du vent contre la fenêtre, son regard s'affolait.

Il entendait quelqu'un montait l'escalier. Il se retourna et riva les yeux sur son ami, toujours effondré au sol. Il le regarda lamentablement ramper vers la porte. Alors il prit le pistolet dans ses mains. Il pointa l'arme directement vers la tête du jeune homme qui autrefois l'avait consolé. Il était conscient qu'il n'aurait jamais pu s'épanouir autant sans son aide. Et dans un hurlement, il appuya sur la détente.

Les pas dans l'escalier s'accélèrent à la suite du coup de feu.

Il crut que son coeur allait exploser, sa tête commençait à tourner. Alors, la porte s'ouvrit soudainement, et il n'eut pas le temps de comprendre si cela venait de lui, ou si l'univers autour de lui était réellement en train d'imploser...

samedi, 21 mai 2011

Marais des Lamentations

Déchiré entre deux mondes, son corps ne trouverait le repos que lorsque son âme aura retrouvé son intégrité. Ce n'était qu'un avant-goût de ce qu'il était capable de faire, mais cela suffit amplement à destabiliser son adversaire, et à réduire toutes ses chances d'opposition.

Il tenta bien malgré lui de courir de toutes ses forces, de fuir cette boule d'énergie incandescente. Il savait que si cette énergie le touchait, il risquait d'y perdre quelque chose d'important à ses yeux, alors son premier reflexe fut de tourner le dos au danger pour tenter de disparaitre dans les ombres.

Et ses yeux croisèrent ceux du fuyard un court instant, juste avant que celui-ci ne se retourne pour s'enfuir. Et dans ses yeux, il put lire toute la tristesse du monde, tout la haine des guerres éternelles, toute la souffrance de son coeur criminel. Le sort était déjà scellé, il ne pouvait retirer son attaque, malgré tout, une hésitation brilla dans ses yeux. Il regrette pendant un bref instant ce qu'il venait de faire. Puis soudain, comme si le monde s'écroulait autour de lui, une vague de haine le submergea et le plongea dans les ombres de son coeur...

Il n'avait à peine fait qu'une dizaine de pas qu'il se heurta violemment à un mur. Alors le temps se figea. En quelques secondes, il comprit qu'il ne pourrait éviter cette attaque dévastatrice. Tout se brouilla dans son esprit, le monde sembla s'évaporer autour de lui, les sons s'étouffèrent jusqu'à ne ressembler qu'à de sombres murmures inhumains. Sa tête semblait sur le point d'éclater. Et les larmes coulèrent...

Ses pensées destructrices s'arretêrent soudaint. Il sentir un froid intense se répandre dans ses veines. Et il sentir ses larmes couler...

Lentement il se retourna...

Lentement, il s'agenouilla...

Lentement, il s'avança...

Distraitement, il observa une ombre se rapprocher. Ce qui le frappait était surtout la flaque rouge qui s'étalait à ses pieds...

Il ne pouvait plus avancer davantage. Il entendit comme un grondement de tonnerre, le sol trembla, le ciel se déchira en deux. Son corps fut propulsé contre le mur. Plaqué ainsi, il sentit son âme dévastée glisser hors de son corps...

Les deux face à face, ils ne savaient lequel avait gagné et lequel avait perdu. Ils ne savaient même pas s'il y avait vraiment un vainqueur. Tout ce qu'ils savaient, c'est que désormais, ils ne seraient plus jamais eux-mêmes... Plus jamais ils ne pourraient regarder le ciel et rêver, laisser leur esprit s'évader. Car plus jamais, pour aucun de ces deux hommes, ils ne connaitraient le bonheur d'une âme intacte...

samedi, 07 mai 2011

Pulsations nocturnes

Il s'endormit finalement... Après avoir tourné près de deux heures dans sa chambre pour trouver le sommeil, il parvint finalement à fermer les yeux pour de bon. Au début, il avait trop chaud, il décida donc d'ouvrir sa fenêtre pour permettre à l'air de la nuit de rafraichir sa chambre. Mais une fois allongé, il ne pouvait empêcher ses oreilles d'entendres de légères pulsations... Comme si la nuit elle-même battait de son propre coeur, comme si les ténèbres eux-mêmes cherchaient à irriguer la planète de leur énergie stellaire.

Puis soudain, ce fut comme un déclic, et les larmes commencèrent à couler. Sans savoir vraiment pourquoi, il se leva et alla fermer la fenêtre. Mais l'air devint rapidement insoutenable, et maintenant, c'est son propre coeur qu'il sentait cogner contre sa poitrine.

Et alors, ses bras commencèrent à trembler. Il se releva, assis sur son lit, face à sa fenêtre. Dehors, le temps paraissait calme, il n'entendait pas le vent souffler entre les arbres. Mais il percevait comme de faibles pulsations lumineuses au loin. Il se rapprocha de sa fenêtre, alors que ses larmes coulaient et ses bras tremblaient inexplicablement.

Il s'écroula sur le sol, à genoux. Il ne tenait plus sur ses jambes. Il ne parvenait pas à maitriser ses bras pour se raccrocher au rebord de la fenêtre. Il n'arrivait pas à se redresser. Au bout de quelques minutes, il décida d'arrêter de se débattre. Ses yeux tombèrent tout naturellement vers le sol. Son regard croisa alors une brève pulsation... Mais il aurait été bien incapable de décrire ce qu'il avait cru voir. Mais cet à partir de ce moment là que ses membres arrêtèrent de trembler et que ses larmes cessèrent de couler.

Il se redressa face à la fenêtre, il observa le paysage éclairé par la douce lumière de la Lune en silence. Puis lorsqu'il prit sa décision, il se retourna et s'avança vers son lit...

Il récupéra au passage une feuille blanche et un crayon... Il écrivit pendant près d'une heure une longue lettre qu'il ne signa pas. Une fois l'inspiration disparue, il plia la lettre en trois, la déposa bien en évidence sur son bureau et s'allongea sur son lit. Ses idées étaient maintenant claires. Il ne savait pas vraiment ce qu'il se passerait ensuite, mais il sentait que c'était la meilleure solution. Avant de fermer les yeux, il fixa quelques minutes la lettre qu'il avait laissé. Que penseraient-ils de son histoire ? Il aurait aimé avoir un peu plus de temps, mais il ne pouvait pas être aussi égoïste.

Les pulsations s'accélérèrent, le sol tremblait, comme si une meute de loups enragés s'étaient précipités dans sa maison. Alors il ferma les yeux. Instinctivement, il se mit à appeler sa mère de toutes ses forces.

Ses yeux s'ouvrirent alors, fixèrent le plafond. Et là, il sut que s'il s'endormait, il ne se réveillerait jamais... Il sut, car il l'avait sentie. Oui il était sûr de lui car elle était là... Sa certitude ne l'empêcha pas de fondre en larmes... Mais il était seul dans son lit...

Et alors il s'endormit...

Et la nuit la plus profonde s'abattit sur son monde...

 

Une main tremblante s'empara de la lettre, la déplia lentement... Une larme tomba sur le premier mot qui coula immédiatement...

"Je [...]"

Un Monde de Ténèbres, contre un Monde de Lumière...

samedi, 29 janvier 2011

Le criminel qui souriait

Le soleil se levait. Pour lui, qui n'était encore qu'à l'aube de sa vie, cette lumière ne signifiait rien... Car il savait qu'une fois encore, il devrait affronter la solitude de ses erreurs...

Qui comprendrait les états d'âmes de celui qui a causé du tort ? Qui comprendrait la souffrance endurée par celui qui a tout détruit ? Qui accepterait de compatir avec un criminel ?

Alors il attendait à sa fenêtre. Qu'attendait-il ? Il ne le savait même pas lui même. A vrai dire, il ne savait pas trop s'il attendait réellement quelquechose, ou s'il n'attendait pas tout simplement que sa vie passe, que ses remords disparaissent, que l'humanité l'oublie. Il esperait un monde où il pourrait se plaindre, ou il pourrait pleurer, un monde où quelqu'un viendrait le voir, le prendrait dans ses bras, juste pour apaiser ses larmes...

Il rêvait d'un monde où il pourrait hurler, un monde qui lui appartiendrait. Et alors, il pourrait parler, il pourrait sourire d'avoir trop pleuré.

A travers la fenêtre, il admirait cet ange qui passait...

Celui qu'il avait à tout jamais perdu...

Mais qui dans ce monde écoutera les lamentations d'un criminel ?

Qui donc séchera ses larmes ?

Et lorsqu'il n'y a personne pour écouter, lorsque l'humanité entière tourne le dos...

Vers qui se tourner ?

Lui le savait depuis bien longtemps, alors il sortit...

Le soleil irradiait de mille feux... La nature souriait... Car elle aussi savait...

Elle savait qu'elle allait bientôt récupérer une partie d'elle-même...

vendredi, 28 janvier 2011

Gardien

"Il est temps de restaurer ces visions d'un monde ruiné par l'égoïsme et l'irrespect." *

C'est sur ces mots que partirent les deux Gardiens de l'Opale.

Il se dirigeaient vers le portail, sans savoir qu'ils s'apprêtaient à y laisser leur vie...

Pour quelles raisons un être humain peut-il abandonner sa propre vie ? Est-ce vraiment le seul destin possible aux hommes abandonnés par Dieu ?

Et malgré les rayons de soleil qui percent à travers les feuilles épaisses de ces bois majestueux, tout périra dans les flammes de l'arrogance.

Et je sais que mes larmes n'y changeront rien... Peut-être alors que je fais fausse route, peut-être qu'il aurait dû en être autrement... Mais je m'aperçois que toutes nos destinées sont liées.

C'est en contemplant cette armée défaite, que l'un d'eux compris... Pour sauver l'autre, le sang devra couler...

Et dans la solitude la plus profonde, il repensait à tout ce qu'il ne connaitrait jamais...

Et sans dire un mot, il fit couler le sang pour sauver le Gardien de son âme...

Il fit couler son propre sang...